
|
La documentation artistique Mener à bien les démarches de prospection, diffuser une image fidèle et précise dépend de la documentation élaborée par le groupe ou l’artiste. Pour être efficace, cette véritable « carte d’identité » doit comporter un certain nombre d’éléments exposés dans cette fiche. La réalisation d’une documentation présentant un artiste ou un groupe est une épreuve plus ardue qu’on ne se l’imagine volontiers. L’enjeu est d’importance, puisque ce sont des informations et de l’image proposées que dépendra en partie la réussite de la prospection des organisateurs et des médias.
En tête, on peut inscrire le nom du groupe, le répertoire, les artistes et leurs instruments. Ce « générique » sera ensuite décliné, mais il permet de prime abord une saisie globale de la réalité de l’artiste ou du groupe. Il peut inclure, en exergue, la citation d’une critique significative ou quelques phrases de présentation par une personnalité reconnue. Il convient toutefois d’affiner cette information en explicitant le répertoire spécifique ou le style qui fait la spécialité de l’artiste. Cette précision permettra d’attirer l’attention sur l’originalité de l’artiste et détachera son image du caractère général de l’information précédente. Les instruments Un court texte sur le ou les instruments, contenant une description rapide et éventuellement un petit historique s’il s’agit d’instruments rares ou peu connus, sera le bienvenu. Du général, on passera à l’individuel en décrivant succinctement la vie, la démarche et la carrière de l’artiste ou de chaque artiste s’il s’agit d’un groupe. On précisera ici les instruments dont il(s) joue(nt) en détaillant, si nécessaire, ses compétences particulières ou la réputation dont il bénéficie. Le propos n’est pas de viser à l’exhaustivité mais, au contraire, de choisir des références importantes et couvrant bien tout l’éventail des prestations offertes par l’artiste : participation à de grands festivals, programmation dans des lieux culturels divers, tournées, étranger, puis enfin travail dans des secteurs particuliers (jeune public, comités d’entreprises, troisième âge, etc.). Ces références seront ordonnées par ordre chronologique et feront écho aux extraits de presse. On fera ainsi la démonstration que l’artiste possède une expérience déjà assise et diversifiée. Si l’on en possède, on indiquera les participations à des émissions de radio ou de télévision, les expériences cinématographiques, les vidéomusiques. Si la discographie est abondante, on la donnera en entier mais en soulignant les productions récentes. Il est nécessaire de fournir les références exactes des disques ou cassettes (titre, collection, éditeur, références, millésime). Le principe sera le même que pour les références de spectacles. Choisissez des passages intéressants, apportant un éclairage pertinent ou inattendu sur votre musique voire complétant vos propres explications. Pensez à varier les genres en proposant une palette complète de publications : presse spécialisée, presse nationale, presse régionale (de plusieurs régions), presse étrangère. Vous pouvez soit reproduire directement l’extrait de presse (attention, dans ce cas, à la qualité de la reproduction), soit reprendre les citations mais en indiquant clairement les coupes éventuelles (elles s’indiquent par la mise entre crochets de trois points de suspension : [...]) et surtout les références exactes : nom de l’auteur, nom du périodique, date de parution. Un pavé de texte signalé et réservé au contact du groupe indiquera clairement l’adresse (précise et complète), le ou les numéro(s) de téléphone et de télécopie, le nom de la personne chargée du secrétariat. Il ne s’agit pas de fournir la fiche technique complète, il sera temps de le faire au moment de la signature du contrat. Par contre, il est important de détailler les éléments qui permettront aux organisateurs de s’assurer si le lieu dont ils disposent convient au spectacle et surtout d’évaluer le coût du plateau technique. En bref, on préparera un extrait de la fiche technique comportant l’essentiel des données sur la dimension minimum du plateau et de hauteur de scène nécessaires, les accessoires de scène, l’implantation lumière, la régie son, en précisant à chaque fois ce qui est fourni et ce qui est à fournir. Elle sera complétée par une note sur les techniciens du spectacle (accompagnant les artistes ou à fournir). On signalera les dates ou périodes disponibles ou proposées. On profitera de cette occasion pour fournir le calendrier des spectacles à venir afin de donner l’occasion à l’organisateur de se déplacer pour voir le spectacle. L’essentiel sera de représenter d’abord l’artiste ou le groupe. La photo ou l’illustration devra être d’une qualité irréprochable. On peut ensuite imaginer toutes les déclinaisons possibles de ces illustrations : elles dépendront de la conception graphique. Par contre, on ne saurait trop insister sur le fait que la réalisation de ces illustrations doit être confiée à de véritables professionnels. La maquette d’une documentation ne s’improvise pas. Si vous avez les compétences nécessaires (et le matériel) vous pouvez la faire vous-même ; sinon il vaut mieux confier cette tâche à un maquettiste. Cette maquette dépendra directement du type d’impression que vous envisagez… Par contre, vous pouvez vous permettre de réaliser, par avance, la saisie du texte dont vous n’aurez plus qu’à remettre le fichier à l’exécutant. Tout va dépendre de la solution choisie, qui est elle-même tributaire du budget et de la quantité. On peut aujourd’hui faire des choses qui restent très belles, même photocopiées. Il est possible de prévoir, dans une documentation photocopiée, des insertions en photocopie laser (ainsi la photocopie laser monochrome donne de très bons résultats pour la reproduction des photographies en noir et blanc). La quantité est déterminante : à partir d’un certain volume, l’impression en offset peut se révéler plus avantageuse que la photocopie. Elle permettra d’envisager une impression plus soignée et un meilleur rendu des options de couleurs. Une multitude de styles de dossiers (et de formats) est alors concevable. On peut aussi choisir une option mixte qui consiste à faire imprimer en offset une chemise (réalisable d’ailleurs, sous certaines conditions, en photocopie couleur) sur laquelle figureront les éléments essentiels et invariants et qui comprendra la ou les illustrations. Puis, on insérera dans cette chemise des documents plus simples (éventuellement photocopiés), y compris des photographies, qui pourront s’enlever ou s’ajouter selon l’interlocuteur ou les besoins. Ces documents pourront aussi s’adapter aux modifications intervenant au cours de la carrière de l’artiste (nouveaux tarifs, nouveau contact, nouveau disque, nouvelles critiques, changement de personnel dans un groupe, etc.). Les photographies adressées à l’organisateur pour la promotion du spectacle serviront à illustrer son matériel (affiches, dossiers, programmes) et seront envoyées à la presse pour leur insertion en appui des annonces et des critiques. On doit être en mesure de fournir un jeu de photographies différentes tirées en noir et blanc (format 13 x 18 de préférence), libres de droits mais portant au verso les mentions obligatoires (nom du photographe et/ou du studio). Il est prudent d’être muni d’un jeu en couleur afin de répondre à une éventuelle demande (insertion dans un magazine, programme en couleur). Toutes ces photographies doivent être d’une qualité irréprochable. Ce dernier point vaut pour la technique, bien sûr, mais aussi pour le traitement artistique et le sens des informations qu’elles transmettent : elles doivent renseigner à la fois sur la musique et sur l’artiste. L’ensemble définira le genre et le style musical par le choix des détails mis en valeur et l’allure générale de l’artiste. Une bonne documentation se complète par un « CD de démonstration » sur lequel on rassemblera les trois ou quatre titres les plus représentatifs de la musique de l’artiste (voire des extraits de titres ou des montages de titres, si l’on juge cette stratégie plus adaptée au genre musical). La jaquette indiquera le nom de l’artiste, les titres (avec les ayants droit : auteur, compositeur, éditeur) et reprendra le contact. On mentionnera qu’il s’agit d’un matériel de promotion interdit à la vente et à toute reproduction. |